Scénario 1 : No Man's Land (suite et fin)

Publié le par Neural Noise

L’aube blafarde et brumeuse se lève pour réveiller les huit survivants de la compagnie C. Après un repas constitué de boîte de flageolet, le groupe décide de reprendre sa marche. L’après-midi est déjà bien avancée quand ils entendent des voix provenant de devant eux.  


Chaque survivant avance avec précaution dans les fourrés et prend position. Les personnes ne se font pas discrètes et ils tombent sur une scène étrange. Dans une clairière ravagée se tiennent à peu près dix personnes vêtues de fourrures mitées et de haillons. Les traits de leur visage émacié par la malnutrition arborent une expression qui mêle à la fois angoisse et épuisement. Ils ne sont pas armés et sont occupés à déplacer les cadavres de victimes d’une embuscade pendant que d’autres se contentent de rester debout à fixer les brouillards environnants.

 

Severus et Layana décident d’aller à leur rencontre arme en bandoulière tandis que Oldvein ordonne aux autres soldats d’être prêt à faire feu. Alors qu’ils descendent le monticule, un guetteur repère les deux gardes impériaux et donne l’alarme, ses compagnons poussent aussitôt des exclamations d’effroi et lèvent spontanément les mains en l’air. Rapidement, Severus et Layana calment le jeu et s’annoncent comme étant des soldats de la Garde. Ils sont accueillis avec enthousiasme et expriment leur joie de les rencontrer. Les hommes n’ont plus l’air effrayé et ils ne montrent pas de mauvaises intentions. Oldvein fait signe aux hommes de rejoindre les deux soldats avec calme et tous sortent de leur couvert, le canon de leur fusil pointé au sol. Un homme qui semble être leur meneur s’avance :

 

« Les morts doivent’êt’ enterrés chef, même si les mutants paraissent s’moquer autant du sort des vivants que d’celui des défunts. On est qu’de pauv’ paysans qui habitent dans l’bois d’puis des générations et on r’fuse d’quitter nos biens malgré la guerre. »

 

Les survivants apprennent alors que les paysans s’occupent d’enterrer les morts loin de leur village, qu’ils soient mutants ou impériaux et que de nombreuses échauffourées ont eu lieu ces derniers mois. Pourtant, ils n’ont pas souvenirs d’avoir trouvé d’hommes des compagnies B et D. Ils observent un moment les soldats puis ils les invitent à les accompagner jusqu’à leur campement pour y prendre un repas chaud, car ils semblent avoir froid et faim.

 

Le groupe s’enfonce dans les bois avec leurs compagnons en guenilles. Durant le voyage, ils remarquent que plusieurs des réfugiés sont armés d’automatiques et de baïonnettes utilisés par les mutants. Ils ne demandent pas aux paysans d’expliquer cela et continue à les questionner sur leur campement, les affrontements récents, pour quoi ils enterrent les corps et ce que les paysans ont subi. Le meneur sort une baïonnette de sa ceinture et la met bien en évidence :

 

« V’voyez, on a ramassé ces objets sur des cadavres. Faudrait êt’ fou pour s’promener sans arme dans les parages. Et not’ village, il est tombé aux mains des bouchers mutants il y a quelques mois (les paysans crachent tous par terre à ce moment-là). Beaucoup d’nos amis ont été tués et l’ennemi nous a pris tous nos vivres et not’ bétail. Depuis, on arpente la forêt pour trouver d’la nourriture. On a vu des batailles féroces et on a entendu des histoires sur des atrocités sans nom. Par exemple, on a appris qu’not’village avait littéralement été rasé par les combats, mais qu’les mutants ont été repoussés. »

 

Le groupe arrive bientôt  en vue du campement : un rassemblement sordide de tentes de fortune et de chariots, installé au fond d’un ravin encaissé. Les femmes et les enfants s’enfuient en les voyant alors que les hommes se montrent nerveux et agités. Une forte odeur de cuisine flotte dans l’air. Un réfugié s’approche des soldats et les guide jusqu’à un abri :

 

« Je m’appelle Orl, attendez là, nous allons préparer un accueil digne de vous. »

 

À quelques mètres de là, une vieille femme aiguise posément un grand couteau de cuisine tout en les fixant silencieusement et attentivement.

 

Dans  l’abri règne un épouvantable désordre où s’empilent ça et là les biens de toute une famille.

Les soldats se mettent à l’aise tandis que Layana leur donne quelques consignes :

 

« Bon, on va la jouer tranquille. Mais restez sur vos gardes compris ? »

 

Quelques minutes de repos plus tard, une lumière verdâtre commence à envahir la pièce. Oldvein constate avec effroi que le cristal commence à émettre une horrible lueur verte. Le groupe met du temps à réagir. En jetant un œil par la toile servant de porte à l’abri, Severus découvre qu’ils sont encerclés par une vingtaine d’hommes, dont beaucoup sont armés. Il n’y a aucune autre sortie dans l’abri de bois et le temps leur file entre les doigts. Soudainement, un paysan montrant une grimace haineuse fait irruption dans la pièce et se fait accueillir par une volée de tir laser. Les soldats sont anxieux et décident de se tenir à l’entrée de l’abri pour canarder tout ce qui bouge. Tandis Layana et Severus font usage de leurs grenades en clairsèment le rang des ennemis, ils remarquent tous à peine que de l’uniforme de deux soldats s’élève des fumerolles et qu’en quelques secondes celui-ci s’embrase littéralement. Un puissant cri de douleur accompagné d’une odeur de chair faisandée retentit alors qu’il s’effondre au sol. Le cristal lui de plus en plus fort, des murmures s’élèvent à la limite de leur perception. Le temps de se remettre à couvert, ils remarquent que parmi les vêtements entassés, il y a une veste réglementaire de la garde impériale. Elle est couverte de taches sombres et porte les insignes de la compagnie D du 308e régiment ! Entendant l’arrivée de nouveaux paysans, les gardes impériaux décident de fuir rapidement ce village et ils font une percée jusque dans la forêt.

 

Tandis que les balles sifflent encore à leurs oreilles, les gardes s’enfoncent dans les profondeurs de la forêt d’Argonnesse. Derrière eux, ils perçoivent bientôt des cris accompagnés d’aboiements canins. Ils courent au milieu des buissons épais et d’entrelacs de fil de fer barbelé, manquant de trébucher à chaque fois qu’ils posent un pied. Les ombres du soir commencent à s’allonger, des torches éclairent la forêt derrière eux. Rapidement, ils réalisent qu’il est impossible de distancer leurs poursuivants en conservant cette allure, ils ont déjà perdu de vue les trois soldats restants. Le poids de leur paquetage les fatigue beaucoup trop. Oldvein décide alors d’un baroud d’honneur en prenant position derrière une souche. Il faudra attendre l’intervention de Layana pour qu’il ne perde pas sa vie inutilement.

 

Extrait audio (20 sec) :  

 

La course reprend de plus belle dans la forêt. Le groupe perd de la distance en chutant violemment, les poursuivants sont presque sur eux.

 

Extrait audio (31sec) :  

 

Décidé à fuir rapidement, une grenade est lancée vers les poursuivants pendant leur course effrénée. Alors que la nuit tombe, les cris des poursuivants commencent à se fondre dans le lointain et un épais brouillard se lève. Ils sont tous épuisés et ils ralentissent maintenant leur allure en trébuchant au milieu de la brume. Tout paraît à nouveau perdre ses couleurs naturelles et la forêt se transforme progressivement en un monde de gris et de noir en proie à une fine bruine.

 

Après avoir repris leur souffle, ils remarquent que les arbres autour d’eux… ne sont pas des arbres !

Il s’agit d’hommes ! De morts au garde à vous qui arborent des plaies béantes à la poitrine et au ventre et dont les yeux blancs semblent fixés droit devant eux ! Dans la faible lumière, les cadavres semblent insensiblement les encercler. De ce qu’ils peuvent voir, les morts ont l’air d’être plusieurs milliers, ils se tiennent au garde à vous bien en rang. Des mutants et des Garde impériaux se tiennent cote à côté comme s’ils attendaient des ordres, arme à l’épaule. Parmi les rangs de mort, ils découvrent les insignes des compagnies B et D du 308e sur certains soldats de la garde.

 

La folie les guette alors que les trois soldats perdus font irruption :

 

« Hey, z’avez vu ça ? C’est quoi ce bordel hein ? En plus, ils sont débiles regardez. »

 

Le soldat s’approche d’un des morts et lui lance un coup dans les côtes, le mort vivant n’a aucune réaction. Puis il le pousse, celui-ci tombe à terre et se relève aussitôt.

 

Les survivants tentent de garder leur calme et partent à la recherche de grenades. Mais ils ne trouvent que des munitions pour leur fusil laser ainsi qu’un étui à carte et une boussole dans les poches de l’uniforme d’un mutant.

Sur la carte, ils repèrent une grande clairière qui peut leur servir de point de repère. Après une dizaine de minutes de marche, sous le regard vide des morts environnants, ils arrivent enfin à la trouée pour découvrir qu’au beau milieu se dresse un monolithe. La pierre d’Oldvein luit très faiblement. Severus observe de plus près la pierre. La roche n’est pas noire, mais porte des symboles similaires à ceux découverts dans la caverne. Severus décide alors d’entonner le chant en espérant bannir le mal de ces lieux.

 

Extrait audio (19sec) : 

 

Rien ne se passe, la pierre luit toujours faiblement et les morts qu’ils peuvent voir à l’orée n’ont pas bougé d’un iota. Ce faisant, le groupe décide d’utiliser ce qui leur reste de grenade pour faire sauter le monolithe. La pierre une fois brisée, il n’y a aucun nouveau changement notable.

 

Les gardes décident alors de replonger dans les ténèbres de plus en plus épaisses, affamés et grelottant. Le brouillard semble cependant devenir de plus en plus impénétrable et se transforme en un véritable mur immaculé, traversé çà et là par des arbres. Ils atteignent finalement le sommet d’un monticule. La scène est baignée d’une lueur spectrale, une lueur émise par la pierre. Soudainement, le soldat Titus s’avance comme s’il avait été poussé en direction d’un petit ravin. C’est accompagné du cri de sa chute qu’eux aussi sentent qu’on les pousse et ils entendent des bruits de chuchotements.

 

Une voix résonne au fond du ravin :

 

« A l’aide, au secours, sortez-moi d’ici ahhhh. J’arrive pas à sortir de là, j’suis coincé dans des fils. »

 

Layana lui jette une corde tandis qu’un soldat à côté d’elle amène ses mains à sa gorge, il semble suffoquer et des petites cloques apparaissent sur ses mains et sur son visage avant d’éclater et faisant dégouliner des humeurs et du sang. Cela ne dure que quelques instants avant qu’il ne se laisse tomber à genoux, à bout de souffle.

 

Du ravin, Titus hurle :

 

« Vite ! Donnez-moi le livre ! L’incantation peut nous sauver ! »

 

Severus entonne une nouvelle fois l’incantation, mais rien ne se passe, la pierre d’Oldvein émet une lueur verdâtre significative et à  peine Titus ressort du ravin qu’il se jette sur Severus, les mains en avant, les yeux révulsés et l’écume aux lèvres. Titus tombe brusquement à terre après avoir reçu une balle dans une jambe et en rampant une voix profonde et inhumaine qui n’est pas la sienne résonne :

 

« Pauvres fous. Toute résistance est inutile. Nous avons attendu pendant une éternité que vienne l’heure de notre vengeance et personne ne peut plus nous arrêter. Le Grand Immonde … »

 

Titus, ou plutôt celui qui parlait à travers lui n’ont pas le temps de terminer sa phrase alors que Layana lui loge une balle derrière la tête. Le corps s’effondre, la pierre perd de son intensité et le calme revient, accompagné de tristesse.

 

 

Au terme d’une heure supplémentaire de déambulation au cœur des ténèbres et après avoir traversé une futaie particulièrement dense les six soldats aperçoivent en face les faibles lueurs émises par des feux. Juste à cet instant, un tir retentit et une décharge siffle à aux oreilles Layana. Une voix tremblotante les interpelle « Qu-qui va là ? ».

 

Des ombres sortent trois sentinelles et s’approchent d’eux avec précaution, arme en main, un peu comme si elles craignaient une ruse de l’ennemi, mais l’une d’elles pousse un cri de joie :

 

« Hey Grimm c’est toi ! Putain t’es vivant ! »

 

Les deux autres sentinelles se détendent et les accueillent à coup de poignée de main et de tapes dans le dos.

 

L’un des gardes se tourne vers eux :

 

« Seconde classe Mithras, j’vais vous conduire jusqu’au Major Whittlesey.»

 

Le groupe sort de l’Argonnesse pour déboucher sur une étroite vallée complètement dévastée. Tous les arbres sont renversés ou ressemblent à des squelettes de bois carbonisé. Le sol est constellé de cratère d’obus et de monticules de boue et de débris. Les survivants du 1er bataillon errent au milieu des décombres, vêtus d’uniformes déchirés et souillés. Les soldats vont d’un trou d’obus à l’autre par petits groupes. Plusieurs fois, ils passent à côté d’hommes qui sont morts gelés, pendant leur sommeil. Personne ne mange, parce qu’il n’y a plus de vivres. Des têtes tournent à leur passage et des yeux luisent. Ils peuvent presque comprendre les murmures qui s’échangent dans leur sillage :

 

« Est-ce que c’est la relève ? Est-ce qu’ils sont enfin parvenus à passer ? »

 

Rapidement une petite foule s’assemble autour d’eux et les suit anxieusement alors que la pluie glaciale recommence à tomber.

 

La seconde classe Mithras emmène les survivants au milieu de la vallée ravagée jusqu’à un profond cratère abrité par une couverture. C’est là que se tiennent Whittlesey et le reste de son état-major, blottis autour d’une lampe à pétrole. Le visage sombre du major se tourne vers vous et la monture de ses lunettes lance un éclair et Mithras vous présente :

 

« Les survivants de la compagnie C, deuxième peloton, Major ! »

 

Whittlesey ouvre grand les yeux :

 

« Trône ! Au rapport, immédiatement ! »

 

Extrait audio (5min 21sec) : 

 

« Bon, Mithras, emmène-les jusqu’à la tranché 3 dans le périmètre nord. »

 

Les soldats ne sont pas encore sortis de sous la tente que des décharges laser sont lancées du côté du périmètre ouest. Puis c’est vers les arbres plongés dans l’obscurité que des armes se font entendre accompagnés par des hurlements. Une fois dehors, ils aperçoivent deux sentinelles jaillissant de la forêt. Des coups de feu claquent un peu partout, des explosions illuminent le champ de bataille et brusquement, des formes mouvantes apparaissent entre les arbres. Une ligne de soldats avance d’un pas décidé.

 

Mithras les emmène vers les tranchées nord. Le vacarme des tirs et des cris des mourants est assourdissant. Des soldats courent en tous sens, poursuivis par des zombies, ceux qui se font rattrapés sont proprement démembrés. Toutes ces scènes sanglantes et morbides sont éclairées par les explosions de grenades. Jusqu’à ce que Oldvein remarque un groupe d’hommes portant des uniformes mal ajustés qui courent dans l’obscurité. Son attention est particulièrement attirée par le visage de l’un des inconnus… qui est orné d’une énorme protubérance sur son côté gauche !

 

Extrait audio (9min 55sec) : 

 

Au centre de la vallée, une femme bien entourée discute avec le Major qui jète des coup d'oeils dans leur direction. Derrière eux se tient un Gun Cutter noir frappé du non moins effrayant mais reconnaissable I de la très Sainte Inquisition. A aucun moment ils ne pensent... que leur destin est en marche !

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C

Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-9; VIRTUEL !

THÉORÈME PUISSANCES VIRTUELLES.

JÉSUS ET LA SAMARITAINE ?


Cordialement

Clovis Simard


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